Un grand merci pour le soutien que vous avez accordé à la déclaration des responsables d'Eglises contre la guerre en Irak. Le 18 mars, la liste complète des signataires a été remise en mains propres aux membres du Conseil de Sécurité ainsi qu'au bureau du programme pour l'Irak de l'ONU. Le COE a ainsi pu rappeler qu'un vaste mouvement, à l'échelle planétaire, cherchait des alternatives à la guerre dans un monde plus sûr et plus juste.
Vous pouvez voir le nombre des signataires par pays à l'adresse:
http://www2.wcc-coe.org/signatures.nsf/list
Cliquer ici pour consulter la liste des responsables d'Eglises qui on signé la liste jusqu'à présent
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Déclaration des Eglises contre la guerre en Irak
En notre qualité de responsables d'Eglises, nous demeurons profondément préoccupés par les appels à une campagne militaire contre l'Irak lancés et réitérés par les Etats-Unis et certains gouvernements européens. A nous qui sommes animés par la foi, l'amour du prochain nous fait obligation de nous opposer à la guerre et de rechercher une solution pacifique des conflits. En tant qu'Eglises, nous prions pour que la population de l'Irak et celle de tout le Moyen-Orient connaissent la paix, la justice et la sécurité. Une telle prière nous oblige aussi à être des instruments de paix.
Nous déplorons qu'une fois encore les pays les plus puissants du monde considèrent que la guerre constitue un moyen acceptable de mener leur politique extérieure, ce qui suscite un climat général de crainte, de menace et d'insécurité.
Nous ne pouvons accepter les objectifs d'une guerre contre l'Irak tels qu'ils sont présentés par ces gouvernements, et notamment par celui des Etats-Unis. Envisager une guerre et des frappes militaires préventives comme un moyen de modifier le régime d'un Etat souverain est un acte immoral et une violation des principes de la Charte des Nations Unies. Nous appelons le Conseil de sécurité à faire respecter ces principes, qui limitent strictement l'utilisation légitime de la force militaire, et d'éviter de créer un précédent déplorable en abaissant le seuil de tolérance de la violence en tant que moyen de résoudre les conflits internationaux.
Nous croyons que la force militaire est un moyen inapproprié de parvenir à l'élimination d'éventuelles armes de destruction massive irakiennes. Nous insistons pour que l'on accorde le temps nécessaire aux mécanismes d'inspections qui ont été soigneusement mis en place par les Nations Unies.
Tous les Etats membres des Nations Unies doivent se plier aux résolutions impératives de celles-ci et résoudre les conflits par des moyens pacifiques. L'Irak ne saurait faire exception. Nous en appelons au gouvernement irakien pour qu'il détruise toutes les armes de destruction massive et tous les sites servant à la recherche et à la production dans ce domaine. L'Irak doit coopérer sans réserve avec les inspecteurs des Nations Unies et garantir le respect intégral des droits civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels de tous ses citoyens. La population irakienne a le droit de croire qu'il existe une alternative à la dictature et la guerre.
Une guerre aurait des conséquences humanitaires inacceptables et entraînerait notamment de vastes déplacements de population, l'effondrement des structures de l'Etat, l'éventualité d'une guerre civile et de grands bouleversements dans toute la région. La détresse des enfants irakiens et la mort inutile de centaines de milliers d'habitants du pays au cours des 12 dernières années pendant lesquelles les sanctions ont été appliquées nous touchent profondément. Dans la situation actuelle, nous réaffirmons solennellement la validité des principes humanitaires admis de longue date, en vertu desquels il doit être possible de venir au secours des populations dans la détresse.
En outre, nous mettons en garde contre les conséquences à long terme d'une telle guerre dans le domaine social, culturel, religieux et diplomatique. En attisant les foyers de violence qui consument déjà la région, on ne réussira qu'à exacerber la haine profonde qui fait le jeu des idéologies extrémistes et aggrave l'insécurité et l'instabilité dans le monde. En tant que responsables d'Eglises, nous avons le devoir moral et pastoral de nous opposer à la xénophobie dans nos propres pays, tout en apaisant les craintes de tous ceux qui, dans le monde musulman, estiment que le "christianisme occidental" est opposé à leur culture, leur religion et leurs valeurs. Nous devrions rechercher la coopération en faveur de la paix, de la justice et de la dignité humaine.
Tous les gouvernements, et notamment les membres du Conseil de sécurité, ont la responsabilité d'examiner la question dans toute sa complexité. Tous les moyens pacifiques et diplomatiques d'obliger l'Irak à se soumettre aux résolutions du Conseil de sécurité n'ont pas encore été épuisés.
Nous estimons avoir l'obligation spirituelle, au nom de l'amour de Dieu pour l'humanité, de nous prononcer contre la guerre en Irak. Avec ce message, nous adressons un signe fort de solidarité et de soutien aux Eglises d'Irak, du Moyen-Orient et des Etats-Unis. Nous implorons Dieu de guider les responsables, afin qu'ils prennent leurs décisions sur la base de réflexions approfondies, de principes moraux et de critères légaux exigeants. Nous invitons toutes les Eglises à se joindre à nous dans cet acte de témoignage, à prier et à encourager la participation de tous les fidèles à la lutte pour la résolution pacifique de ce conflit.
Sentez-vous libre de distribuer cette déclaration et de la faire connaître pour faire prendre conscience des dangers d'une guerre contre l'Irak.
Voir aussi
http://wcc-coe.org/wcc/what/international/iraq-f.html
pour plus de détails sur le COE et la crise en Irak.